liberty ≠ destiny (valéria)

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Jeu 22 Mar - 16:41
Valéria

liberty ≠ destiny

Le coup de bâton vient brutalement te ramener à la réalité. Distraite … ça arrivait oui, et de plus en souvent, ces derniers temps. Ton père détestait ça. Il voulait te voir concentrée de l’aube, jusqu’au crépuscule. Question d’honneur, qu’il disait. Là où en apparence, il n’y avait rien pour la plupart des gens, se jouait en réalité une espèce de course à la popularité. Toi, tu ne te rendais pas vraiment compte des choses, depuis que tu étais toute petite, tu ne faisais qu’écouter ton père. Tout ce qu’il disait, était pratiquement sacré. Il te dictais ta conduite, ta façon de t’exprimer, de bouger, de te comporter, et en sa présence, face aux autres, tu gardais simplement le silence. Tu ne savais pas combien de famille étaient concernées par ce … ce petit jeu. Dix, peut-être. Dix familles, dix enfants de ton âge, plus ou moins quelques années, et donc, dix futurs petits gardes du corps pour le jeune héritier des Vector. Tu n’avais pas la vie d’une enfant comme les autres, non, mais tu te consolais bien souvent en te souvenant que tu étais loin d’être la seule. Certains étaient plus discrets, cela dit mais clairement, ce n’était pas le cas de ton père, et ce n’était pas non plus celui de Lennrod. Joris Lennrod … c’était en réalité un vieil ami de ton père. Ils avaient eu à peu près le même parcours. Des amis inséparables, à une certaine époque qui aujourd’hui, se livraient une petite guerre sans merci, en se servant de leurs enfants comme des armes. L’enjeu était simple : chacun voulait produire le meilleur élément possible, et imaginable pour servir les Vector, espérant ainsi pouvoir bénéficier de leur appui, de leur reconnaissance. S’il y avait bien d’autres familles dans cette course au pouvoir, à la richesse, si beaucoup tentaient désespérément de mettre leur nom à l’honneur, il était évident que Lennrod et Skirata étaient de loin les mieux positionnés pour y arriver. Joris avait son fils, Kal. Un jeune garçon de ton âge, né à peine quelques jours avant toi qui avait comme avantage d’être à seize ans seulement, bien plus massif et imposant que son père. Kal avait le même genre d’existence que toi. Il avait une famille, quelque part qu’il n’avait jamais côtoyé, une mère qui était une inconnue pour lui, et trois jeunes soeurs qu’il n’avait jamais eu l’occasion de voir de près. Tu le savais, parce qu’à une époque, il t’avais semblé que lui et toi, aviez été amis. Ca n’avait pas durer longtemps, celà dit. Vos pères respectifs avait mis fin à ça très vite, chacun récupérant sa progéniture pour faire en sorte qu’elle surpasse celle de l’adversaire. Du coup, face à Kal, il y avait toi … Valéria. Qui l’aurait cru ? Enfant, tu étais si petite, si frêle, tu avais l’air si fragile. Une poupée de porcelaine, qu’on aurait pu briser en l’étreignant un peu trop fort. Pourtant, ton père n’avait jamais fait grand cas de ta petite constitution. Première née, c’était ton destin. Et il t’avais retirée à ta mère alors que tu n’avais qu’une année, à peine, lui promettant qu’elle aurait un autre enfant, d’ici peu qu’il lui laisserait, afin d’effacer cette peine. Très tôt, il t’avais isolée. Il s’était mis à t’enseigner lui-même tout ce qu’il avait à t’apprendre, avant de passer à des choses plus sérieuses … et lorsque tu avais été en âge d’assimiler les choses assez correctement, il avait enfin mis en pratique son entraînement sévère, te mettant entre les mains tes premières armes. Sports de combat, corps à corps, maniement des armes, pilotage, sans compter tous les protocoles qu’il t’avais enseigner. Une éducation stricte, mais au moins, il ne t’avais jamais menti. Il t’avais expliqué le but de tout ça très tôt. Et toi, tu avais compris. Toi, tu avais simplement obéit. Tu avais même accepter d’affronter Kal à plusieurs occasions, ta technique, contre sa force brute. A chaque fois, ça se terminait de la même manière : tu étais au sol, mais lui aussi, et c’était loin d’être satisfaisant pour vos pères.

“Valéria !” Sa voix te transperce, et son regard sombre vient se poser sur lui. Il te fixe, sévèrement, pour bien te faire comprendre qu’il est loin d’être content de ta prouesse du jour. Tu n’y mettait aucune volonté, c’est vrai. Dehors, tu entendais la musique, les cris, les rires, les éclats de voix. C’était la fête annuelle, chez toi. Un grand marché, de nombreux visiteurs, des danses, des jeux, de la joie collective à laquelle tu n’avais aucun droit de prendre part, comme toutes les années passées. Ce qui te gênait davantage, c’était que tu savais que ces festivités correspondaient encore et toujours au jour de ton anniversaire. Seize ans, aujourd’hui même. Et comme toutes les années précédentes, tu t’étais encore imaginée voir ton père débarquer avec une surprise pour toi. Au moins un petit quelque chose qui t’aurait fait penser que tu n’étais pas seulement un outil à ses yeux, mais bel et bien sa fille. Tu te demandais s’il était pareil, avec ta  jeune soeur. S’il pensait à son anniversaire à elle, s’il lui offrait des cadeaux … Tu avais lu quelque part que les cadeaux, c’était une pratique courante pour les anniversaires, mais d’aussi loin que tu t’en souvenais, ton père ne t’avais jamais offert un seul cadeau. Jamais. “Concentre toi !” De nouveau, le bâton fin vient frapper ta cuisse, te faisant grimacer. Comme toujours, Oryon Skirata ne voit rien. Ou alors t’ignores t-il complètement. Il ne comprend pas ta mine renfrognée, ni tes nerfs tendus sous ta peau. Il ne voit que ses entrainements, et tes potentiels progrès de la journée. Il ne voit que cette possibilité qu’un jour, tu deviennes la meilleure … Comme si c’était le plus important. “▬ Tu sais quel jour on est ?” Cette fois la bâton est abaissé, légèrement. Ton père soupire, avant de finalement venir frapper. Une fois. Deux fois. Trois fois.La cuisse. Le dos. Le visage. Laissant sur ta peau relativement pâle pour une habitante de cette planète désertique de long sillons rouge vifs. “Comme si tu avais le temps de penser à ce genre de choses. Tu n’es pas la plus importante. Le jeune Vector, est ce qu’il y a de plus important.” Et il était reparti dans ses beaux discours. Alors oui, tu avais bien compris quelle serait ta mission. Tu avais aussi compris que c’était quelque chose de très important, et tu avais aussi compris que ça l’était plus que tout pour ton père … Pourtant, à seize ans tout juste, tu peinais encore à comprendre pourquoi tu n’avais pas le droit à ta journée rien qu’à toi, toi aussi, au moins une fois dans l’année. Alors, lorsque tu relèves la tête, c’est pour lancer un regard plein de colère à ton géniteur, un regard qui est loin de lui plaire et de nouveau, le bâton se lève, mais cette fois, ta main vient l’arrêté. Tu tires dessus, sèchement, surprenant ton père qui lâche prise. Tu retournes cette arme contre lui, le pointant du bout de l’objet en te redressant. Tu es plutôt fière de toi … du moins, durant quelques secondes à peine, avant que ce dernier ne vienne frapper contre ton arme nouvellement acquise pour la décaler légèrement sur la droite, il se fraye facilement un chemin jusqu’à toi et son poing vient frapper ton ventre, droit à l’estomac. Tu souffles, tu te replies sur toi même et il en profite pour récupérer son fameux bâton pour venir t’en coller un coup dans le dos, achevant de te mettre au sol. C’est en t’attrapant par tes cheveux qu’il choisit de te remettre droite, te forçant par la même occasion à le regarder droit dans les yeux. “Ne t’avises plus jamais de te retourner contre ton propre sang … Tu ne seras jamais comme les autres. Tu ne seras jamais libre non plus. Tu es la propriété des Vector, tâche de t’en souvenir. Maintenant debout, tu retournes à l’entraînement.”
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Sam 24 Mar - 20:21
Valéria

liberty ≠ destiny

“Tu devrais lever un peu ta garde.” Ton poing part, il vient violemment frapper le sac de sable, suivi du second. Tu enchaînes comme ça, plusieurs fois, ignorant royalement la voix qui venait de te déranger. Tu n’as aucun besoin de tourner la tête, pour savoir de qui il s’agit … tu connais cette voix, elle t’es familière, mais tu n’as aucune envie de l’entendre, ni encore de l’écouter. “Ton dos, enfin, on dirait une vieille tellement t’es courbée.” Cette fois, tu soupires. Un dernier coup, et puis tu t’arrêtes, offrant ainsi un premier regard plein de reproche à cet indésirable. Qu’est-ce qu’il fichait là, d’abord ? C’est vrai, il était censé s’entraîner dans son coin, avec son père, et ne plus t’approcher sauf quand il s’agissait de tester ses compétences en t’affrontant. Pourtant, il était là. Fièrement assis sur ce rebord, à t’observer en te dispensant ses conseils agaçants et si mal venus. “▬ T’as rien à faire ici, Kal.” Un sourire vient s’installer sur son visage. Un sourire … un peu étrange en vérité, teinté d’ironie, de moquerie aussi, et de bien d’autres choses que tu ne parviens pas réellement à identifier. Kal et toi, vous n’êtes plus des amis. D’ailleurs, tu te demandes si un jour, vous l’avez été. Peut-être. Tu ne sais même pas si c’est ce que l’on pouvait appeler de l’amitié. A une époque, il passait du temps avec toi. A une époque, il te donnait quelques conseils, et tu lui en donnait en retour. A une époque, il y avait du respect, et un soutien mutuel. C’était il n’y a pas si longtemps, quand tu y repensais. Bien moins d’une année. Vous formiez un bon duo, jusqu’à ce que vos pères respectifs ne décident de mettre fin à ça, de forcer la compétition entre vous deux. A partir de ce moment, rien n’avait plus été pareil. Fini les conseils. Fini les regards complices. Bonjour les coups échangés, et les affrontements difficiles. “J’ai plus le droit de venir te voir ?” Tu agites la tête. Ça avait l’air d’être un jeu, pour lui, mais ça ne l’était pas pour toi. Tu avais été assez déçue comme ça, d’avoir perdu de cette manière la seule personne avec qui tu prenais plaisir à passer du temps. Il t’avais fallu du temps, pour te faire à l’idée que tout ça, c’était terminé, pour accepter que Kal était devenu un rival et qu’il serait toujours à l’opposé de toi. Que plus jamais, vous ne seriez véritablement du même côté, quand bien même vous étiez destinés à faire la même chose de vos vies. “▬ Va t’en. Si mon père revient …” “Si ton père me surprends ici, il te demandera de me combattre pour me faire partir. Tu n’espères quand même pas qu’il le fera à ta place. Si ?” Il avait raison. Et tu le savais. C’était peut-être pour ça, d’ailleurs, que tu voulais qu’il parte maintenant, avant que ton géniteur de pointe le bout de son nez par ici, et ne te forces à livrer bataille contre Kal. Tu n’en avais pas envie. D’ailleurs, tu trouvais cette rivalité ridicule, et c’était révoltant pour toi, d’être un objet, une arme sciemment utilisée dans cette guéguerre dans grand intérêt. “▬ J’ai pas envie de ça.” Tu t’éloignes, quelques pas seulement, avant de t’arrêter de nouveau, au milieu de ce terrain d’entraînement, pieds nus, les pieds dans le sable chaud. “Tu serais très bien que je suis meilleur. Tu devrais abandonner, et convaincre ton père d’en faire autant. C’est moi qui gagnerait.” Tu hausses les épaules. Et alors, sérieusement, c’est pas comme si ça avait vraiment de l’importance, après tout.

***

“Il est parti.” Tu recules. Quelques pas seulement, avant de sentir ton dos cogner contre le mur. Tu fixes ton père, il a l’air fatigué. Il a les yeux injectés de sang, un peu comme un drogué en manque de sa substance. “Depuis quelques jours déjà … voir des semaines.” Des semaines ? Mais quand est-ce qu’il comptait de l’annoncer, concrètement ? C’était une véritable catastrophe. Un méchant coup du sort. Ça ne pouvait pas être vrai, d’ailleurs. Ta vie, elle était réglée comme du papier à musique. Ça faisait des années que tu t’entraînais pour ça, tu avais tout accepté, tout enduré. Tout ça, pour ça. Tu te laisses donc glisser le long de la paroi, jusqu’à ce que tes fesses viennent toucher le sol. Tu fixes les dalles de pierre, devant toi, sans un mot. “Il a fugué, Valéria, personne n’y peut rien. Ses parents le recherche, mais pour le moment, ça n’a rien donné … et il se peut que ça donne jamais rien, malgré leurs ressources illimitées.” Tu laisses échapper un rire nerveux. Jamais. Manquerait plus que ça, tiens. Qu’est-ce que tu allais devenir, toi, hein ? Si tu n’avais plus personne à protéger. Si la personne que tu étais destinée à côtoyé depuis ta naissance … avait tout simplement fuit. “Pour le moment, tu gardes ton statut, ne t’en fais pas.” Tu agites la tête, avant de te redresser un peu. “▬ Comme si j’en avais quelque chose à faire.” “Tu vas continuer à t’entraîner Val.” “▬ Pourquoi faire ? Il est parti. Ça n’a plus aucun sens.”

***

“J’ai appris pour ton père.” Tu soupires lourdement, traçant ta route, bousculant quelques épaules pour échapper à Kal. Cinq ans, que Garviel Vector avait mis les voiles, cinq ans que ça n’avait pas bouger, que tu étais toujours “sa future garde du corps” comme Kal, et comme certains autres. Pas tous. Certains avaient été affectés ailleurs, et certaines rumeurs disaient que vous finiriez tous comme ça, de toute façon. Pour le moment, tu étais patiente, même si la situation devenait de moins en moins gérable. “Valéria, attends.” Tu n’écoutes pas, tu avances toujours, plus vite, tu pourrais presque te mettre à courir … si seulement il ne venait pas t’attraper ton bras pour te retenir. “S’il te plait, attends.” Tu te retournes, pour lui faire face, tu le fixes de ton habituel regard si neutre, si sérieux. Il soupire. Il s’agite. Il piétine. Et toi, tu vois tout de suite que quelque chose cloche. Ton bras toujours dans sa main, il t’entraîne à l’écart de la foule. Souffle un grand coup, et puis se lance. “Je vais partir, Valéria. Je vais quitter cette planète. Ce soir.” Tu fronces les sourcils. “▬ T’as été réaffecté ?” Il agite la tête. Non, ce n’est pas ça. Non, il fuit. “▬ T’es complètement malade ? Tu leur appartiens. Tu seras recherché.” Et ces remarques semblent le faire rire. Il n’a pas peur des Vector, plus maintenant, contrairement à toi. Subitement, ses mains viennent attraper tes épaules. Il te secoue légèrement, et puis tu détournes la tête et ses doigts viennent attraper ton menton, il te force à le regarder dans les yeux. “On a plus rien à faire ici. Vector est parti, et il ne reviendra pas, Valéria. On sert plus à rien, et bientôt, on sera vendu, ou refilés à n’importe qui en échange de quelques services pour cette famille de malheur.” Oh, tu en avais conscience. Seulement, toi, tu avais accepté ton destin en quelques sortes. C’était comme si c’était dans tes gènes. Et puis, même après cinq années, tu ne pouvais pas t’empêcher de te dire que peut-être, ça finirait par s’arranger. Tu étais si naïve … “Viens avec moi.” Voilà, il était devenu complètement fou. “On fera autre chose, avec tout ce qu’on a appris, on peut leur échapper facilement. On se trouvera une planète tranquille, et on sera libres tous les deux.” Tu fais “non” de la tête. “Valéria, s’il te plait.” Il presse tes épaules davantage … et tu lèves la main, et ton poing vient frapper sa  joue. “▬ Pars si tu veux, toi. Moi je reste ici. Parce que ma place est ici.”
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